Chroniques d’une fonctionnaire blasée

Parce que la fonction publique abrutit

Les racoons contre-attaquent! décembre 4, 2007

Classé dans : Faits divers — monosyllabus @ 8:56
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J’ai des visiteurs nocturnes. J’ai aussi des poubelles. Mes visiteurs aiment les poubelles.

Toute innocente que j’étais, je ne me doutais pas en emménageant dans mon nouveau quartier, bordé d’un charmant boisé, que des voisins à quatre pattes reluquaient mes déchets. D’abord plutôt discrets, élaborant sans doute leur plan d’attaque, les fouineurs aguerris se sont tapé les cuisses en voyant leur butin. Aucun obstacle n’entravant leur chemin, lumière tamisée, festin digne d’un roi… Il n’en fallait pas plus pour que la nouvelle se répande. Qui aurait cru que le bouche à oreille était aussi efficace chez la gent animale?

 Si leur première visite a laissé peu de traces, on ne peut en dire autant des suivantes. Sans doute rassasiées par les ordures du voisinage de plus en plus populeux, les bestioles étaient de plus en plus sélectives. N’en pouvant plus de cueillir les restants de leurs fringales sur ma pelouse, et après quelques vaines tentatives de bravade en pantoufles et robe de chambre, j’ai décidé de prendre les grands moyens : j’ai filé à la quincaillerie du coin, avec tous les hommes dignes de ce nom, et je me suis procurée rien de moins qu’une strap à crochets. Et vlan! Ils n’ont qu’à bien se tenir, les ratons!

Saviez-vous que c’est brillant, un raton? C’est ce que j’ai réalisé au lendemain de ma grande entreprise. Poubelle et strap à crochets reposaient tout affalées dans un champ d’immondices. Force m’est d’avouer que je ne fais pas le poids face à mes adversaires.

Dans ma prochaine vie, je veux être un raton.

 

Doux printemps, quand reviendras-tu? décembre 4, 2007

Classé dans : Non classé — monosyllabus @ 4:17
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Tout près de 30 centimètres de peaux de lièvre sont tombés sur notre belle capitale. La paresseuse que je suis s’est vite réjouie de ce qu’impliquait la joyeuse bordée : écoles  fermées égalent congé forcé, égalent aussi grasse matinée… 

Je traînassais dans mon pyjama quand la vaillante qui sommeille en moi a soudainement mis un frein à ce moment d’allégresse. Célibataire en manque de muscles, pingre en manque d’une souffleuse, asthmatique en manque d’exercice… Le cocktail par excellence pour se retrouver à l’urgence des suites d’une séance de pelletage intensive! Vivement le printemps et ses tapis gazonnés!

Qu’à cela ne tienne, j’ai enfilé mon attirail hivernal et filé droit dehors pour m’exécuter. (Lire : J’ai couru dans la maison comme une poule pas d’tête pour trouver mon suit défraîchi. “Sont où mes maudites mitaines?! C’pas à moi cette tuque-là! Non, non, non… j’ai pas engraissé! Mes culottes ont encore rapetissé!”)  Il m’a fallu une dizaine de pelletées pour trouver mon air d’aller, et une dizaine d’autres pour le perdre. Me suis-je découragée pour autant? Oh que non! Autrement, comment diable allais-je sortir la voiture de l’entrée pour aller me ravitailler? Car tout le monde sait que 45 minutes d’exercice, c’est un laissez-passer zéro culpabilité pour le service au volant le plus près…

Et puis, comme une apparition de la Sainte Vierge dans une baraque de Sainte-Marthe-sur-le-Lac, l’herbe que j’avais tant souhaité voir quelques heures plus tôt se trouvait là, devant mes yeux ébahis. Eh oui, l’Être suprême avait sûrement entendu ma prière pour m’envoyer la déneigeuse, machine divine qui avait déraciné une grande lisière de tourbe, fraîchement installée à l’automne, avant de la larguer dans mon stationnement enneigé.

La morale de cette histoire? Continuez de prier, mais soyez précis dans vos demandes…