Chroniques d’une fonctionnaire blasée

Parce que la fonction publique abrutit

Enfants, mode d’emploi décembre 12, 2007

Classé dans : chronique — monosyllabus @ 3:37
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On se demande parfois comment font les enfants pour se mettre dans des situations impossibles. Les scientifiques et pédagogues de ce monde vous répondront sans doute que tout est dans l’apprentissage. Eh bien moi, j’ai une autre théorie : c’est un complot orchestré par le Créateur lui-même pour nous faire damner, nous, les parents.

Parce qu’on les aime nos bouts de choux, ah ça oui! Mais ils ont franchement le don de nous faire passer par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Des bleus qu’ils s’infligent à se cogner dans les murs, au rouge qui nous décore le visage à chaque nouvel « exploit » de notre progéniture.

Si chaque poupon n’arrive pas avec son mode d’emploi, ce n’est pas parce qu’il n’en existe pas un. C’est que quelqu’un l’a mis aux poubelles avec les restants de dinde du dernier réveillon. Il doit bien se bidonner, le gars d’en haut, à nous regarder tenter par tous les moyens de préserver ne serait-ce qu’une parcelle de santé mentale.

Mais comment rester sain d’esprit entre la diarrhée explosive du petit dernier, les visites impromptues de la belle-famille et les remontrances du Dr Spock? Entre la fillette qui reste juchée au sommet des structures de jeux refusant de redescendre et le petit frère qui se casse la figure en voulant jouer à Evil Knievel avec sa rutilante bécane? Et que dire de l’aîné qui reste coincé dans les toilettes publiques? Du magnifique bricolage que la petite a fabriqué avec les perles véritables de grand-maman?…

Jadis une personne équilibrée, j’ai aujourd’hui tout le profil de la parfaite sociopathe à temps partiel. L’idée pour moi d’une soirée réussie, c’est de me coucher avant 9 h, en faisant un grand détour pour ne pas voir la vaisselle qui s’accumule dans la cuisine et encore un autre pour ne pas trébucher dans la lessive qui pousse comme des champignons dans toutes les pièces de la maison.

Bien sûr, la parentalité a ses bons côtés : c’est magnifique, un enfant qui dort…

Oui, le maître d’œuvre a bien fait les choses. Si nos petits trésors ne viennent pas sans prix, c’est pour nous garder les pieds sur terre, dans des pantoufles de béton armé. Vous imaginez à quel point il serait facile de tomber dans la complaisance après avoir pondu pareil joyau? Le pétage de bretelles ne résiste pas bien longtemps à une crise bien sentie en plein centre d’achats ou à un pot de caramel renversé sur le plancher de la cuisine.

Si l’amour inconditionnel existe, c’est qu’on a nos enfants pour nous rappeler que la perfection n’est pas de ce monde, et que de toute façon, la vie serait bien moche si tout était parfait.

 

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