Chroniques d’une fonctionnaire blasée

Parce que la fonction publique abrutit

Doux printemps, quand reviendras-tu? décembre 4, 2007

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Tout près de 30 centimètres de peaux de lièvre sont tombés sur notre belle capitale. La paresseuse que je suis s’est vite réjouie de ce qu’impliquait la joyeuse bordée : écoles  fermées égalent congé forcé, égalent aussi grasse matinée… 

Je traînassais dans mon pyjama quand la vaillante qui sommeille en moi a soudainement mis un frein à ce moment d’allégresse. Célibataire en manque de muscles, pingre en manque d’une souffleuse, asthmatique en manque d’exercice… Le cocktail par excellence pour se retrouver à l’urgence des suites d’une séance de pelletage intensive! Vivement le printemps et ses tapis gazonnés!

Qu’à cela ne tienne, j’ai enfilé mon attirail hivernal et filé droit dehors pour m’exécuter. (Lire : J’ai couru dans la maison comme une poule pas d’tête pour trouver mon suit défraîchi. “Sont où mes maudites mitaines?! C’pas à moi cette tuque-là! Non, non, non… j’ai pas engraissé! Mes culottes ont encore rapetissé!”)  Il m’a fallu une dizaine de pelletées pour trouver mon air d’aller, et une dizaine d’autres pour le perdre. Me suis-je découragée pour autant? Oh que non! Autrement, comment diable allais-je sortir la voiture de l’entrée pour aller me ravitailler? Car tout le monde sait que 45 minutes d’exercice, c’est un laissez-passer zéro culpabilité pour le service au volant le plus près…

Et puis, comme une apparition de la Sainte Vierge dans une baraque de Sainte-Marthe-sur-le-Lac, l’herbe que j’avais tant souhaité voir quelques heures plus tôt se trouvait là, devant mes yeux ébahis. Eh oui, l’Être suprême avait sûrement entendu ma prière pour m’envoyer la déneigeuse, machine divine qui avait déraciné une grande lisière de tourbe, fraîchement installée à l’automne, avant de la larguer dans mon stationnement enneigé.

La morale de cette histoire? Continuez de prier, mais soyez précis dans vos demandes…