Chroniques d’une fonctionnaire blasée

Parce que la fonction publique abrutit

Beauté fatale, quand j’te vois, j’pédale mai 20, 2009

Classé dans : Faits divers — monosyllabus @ 5:04
Tags: , , , , , ,

De grands sages s’évertuent depuis des lustres à nous faire comprendre que dans la vie, tout est relatif. Selon Oscar Wilde, la beauté est dans les yeux de celui qui regarde. Je veux bien le croire, lui, et tous les autres qui adhèrent à son discours, mais je dois encore m’en convaincre.

C’est magnifique, un tapis de fleurs jaunes que le timide soleil du printemps a fait éclore. C’est beau, loin, loin dans la prairie… mais qu’un pissenlit ne s’avise pas d’élire domicile dans ma pelouse manucurée. En fière banlieusarde armée jusqu’aux dents contre tout ce qui pourrait attaquer mon domaine, je n’en ferais qu’une bouchée. Personnellement, le mouton jaune de l’horticulture, je le préfère en compost. Tiens, un premier exemple de relativisme.

Difficile à croire pour les matous nord-américains, mais dans certaines parties du globe, on vénère les véritables courbes féminines autant que les vaches sacrées en Inde. (Bon, ce n’est peut-être pas le meilleur exemple.) C’est que les mâles dignes de ce nom savent que le matériel coussiné offre plus de confort durant les séances de brasse-camarade. Que je me le tienne pour dit, je ne bondirai pas de surprise la prochaine fois qu’on me dira les yeux remplis de braise que mon gros corps est sublime… Relativisons.

Soyons honnêtes, il n’y a qu’une mère en post-labeur ou un père encore traumatisé de l’accouchement pour distinguer une quelconque beauté chez un nouveau-né. Entre Alien et bébé Pomerleau, le commun des mortels n’y voit que du feu. C’est d’ailleurs à se demander pourquoi tous les nouveaux parents tiennent tant à immortaliser ce moment sur papier glacé ou, pire encore, sur support audio-vidéo haute définition. Les polaroids de ma naissance me donnaient froid dans le dos : j’ose à peine imaginer le film d’horreur sur écran géant! Encore une question de relativisme, je présume.

Pourtant, certaines choses semblent faire l’unanimité. Peut-on s’empêcher de rêver devant les eaux limpides de Bora Bora, de lancer des « oooh-aaah » sous les lumières d’un spectacle pyrotechnique, de saliver à la vue d’un gâteau au chocolat décadent?

Reste à savoir maintenant s’il est préférable d’attirer les regards de tous et chacun, ou de mériter l’admiration de quelques privilégiés. Je crois avoir déjà répondu à la question… et vous?