Chroniques d’une fonctionnaire blasée

Parce que la fonction publique abrutit

Fini, l’hiver? avril 7, 2009

Classé dans : Faits divers, chronique — monosyllabus @ 5:15
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Si j’en crois le gérant moustachu du département des gogosses automobiles du Wal-Mart, l’hiver est bel et bien fini depuis le 12 mars. Que votre balai à neige ne s’avise surtout pas de rendre l’âme après cette date fatidique, parce que le géant américain a décidé que la disparition du blanc hivernal coïncidait avec le « peak » de la vente d’antidépresseurs dans les pharmacies québécoises.

Partis, les grattoirs. Partis, les dégivreurs. Vides les tablettes, je vous dis, vides! Profits obligent, on retourne tout en bloc aux fournisseurs de peur de rester coincés avec quelques articles bon marché. Décider des besoins de ses clients, voilà le secret de la richesse!

Pauvre petite consommatrice que je suis, j’ai fini par développer le syndrome de l’écureuil. Je fais des réserves, au cas où. Du lave-glace mur à mur, de la pellicule plastique à en recouvrir le toit du Stade olympique, une montagne de papier cul (3 épaisseurs, ça gruge encore plus d’espace), et j’en passe. Je ne me considère pas comme une acheteuse compulsive, mais je ne passe jamais à côté d’une bonne affaire. Les fluctuations du marché n’ont qu’à bien se tenir, j’ai de quoi subsister encore quelques années.

En attendant la fonte des neiges tardives, je fais l’inventaire de mon avoir. Manque plus que trois acres de terres et un local commercial de 15 000 pieds carrés pour faire concurrence à celui qui a décidé que je n’avais plus besoin de déneiger ma voiture. Petit à petit, l’oiseau fait son nid et bibi aussi!

Regardez-moi bien arriver, Monsieur Chose, parce que la madame est pas contente…

 

Doux printemps, quand reviendras-tu? décembre 4, 2007

Classé dans : Non classé — monosyllabus @ 4:17
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Tout près de 30 centimètres de peaux de lièvre sont tombés sur notre belle capitale. La paresseuse que je suis s’est vite réjouie de ce qu’impliquait la joyeuse bordée : écoles  fermées égalent congé forcé, égalent aussi grasse matinée… 

Je traînassais dans mon pyjama quand la vaillante qui sommeille en moi a soudainement mis un frein à ce moment d’allégresse. Célibataire en manque de muscles, pingre en manque d’une souffleuse, asthmatique en manque d’exercice… Le cocktail par excellence pour se retrouver à l’urgence des suites d’une séance de pelletage intensive! Vivement le printemps et ses tapis gazonnés!

Qu’à cela ne tienne, j’ai enfilé mon attirail hivernal et filé droit dehors pour m’exécuter. (Lire : J’ai couru dans la maison comme une poule pas d’tête pour trouver mon suit défraîchi. “Sont où mes maudites mitaines?! C’pas à moi cette tuque-là! Non, non, non… j’ai pas engraissé! Mes culottes ont encore rapetissé!”)  Il m’a fallu une dizaine de pelletées pour trouver mon air d’aller, et une dizaine d’autres pour le perdre. Me suis-je découragée pour autant? Oh que non! Autrement, comment diable allais-je sortir la voiture de l’entrée pour aller me ravitailler? Car tout le monde sait que 45 minutes d’exercice, c’est un laissez-passer zéro culpabilité pour le service au volant le plus près…

Et puis, comme une apparition de la Sainte Vierge dans une baraque de Sainte-Marthe-sur-le-Lac, l’herbe que j’avais tant souhaité voir quelques heures plus tôt se trouvait là, devant mes yeux ébahis. Eh oui, l’Être suprême avait sûrement entendu ma prière pour m’envoyer la déneigeuse, machine divine qui avait déraciné une grande lisière de tourbe, fraîchement installée à l’automne, avant de la larguer dans mon stationnement enneigé.

La morale de cette histoire? Continuez de prier, mais soyez précis dans vos demandes…