Chroniques d’une fonctionnaire blasée

Parce que la fonction publique abrutit

Un hôtel, trois filles et une tonne de crabes! décembre 6, 2007

Classé dans : Faits divers — monosyllabus @ 4:56
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Trois fonctionnaires désabusées en quête de farniente s’en allaient à Cuba. Maillots, brosses à dents et Immodium parés, il ne manquait plus que le soleil et les cocktails del dia pour officialiser l’escapade.

Avec un forfait écono booké à la dernière minute, il ne fallait pas s’attendre au luxe du Ritz ni aux plages de sable blanc du lagon bleu. Tout de même fort satisfaites de leur sort, elles ont tôt fait de s’approprier les lieux. La luxuriante piscine (un carré avec de l’eau), la salle d’exercice (un vélo stationnaire), le splendide buffet du soir (bac à recyclage des restants de la journée) et la magnifique baie sablonneuse (capacité : 5 chaises longues). Sans oublier le fameux bar du bord de la plage (le « bôr », pour les intimes), où elles s’adonnaient à un peu de lecture (les étiquettes de rhum).

C’est d’ailleurs au bôr que la plus naïve des trois s’est mise à vanter ses aventures d’apprentie voyageuse :

« J’ai vu un crabe à la porte de ma chambre à Cancun », dit-elle tout émerveillée en singeant la petite danse que la bête effarouchée lui avait faite. « J’vous l’dis! Y’était gros d’même! »

« Wow! », s’exclamèrent ses comparses, en pensant qu’il valait mieux se montrer enthousiaste et en finir au plus vite avec l’histoire insipide.

Au moment où elles croyaient être sorties du bois, la naïve s’est écriée :

« R’gardez! Des crabes! »

« Non mais, elle va nous lâcher avec ses visions animales?! », se dirent tout bas les deux autres. Mais à peine avaient-elles pris leurs cliques et leurs claques qu’elles virent la source du brouhaha qui s’élevait derrière elles. Il n’y avait pas qu’un crabe dansant, mais des centaines, voire des milliers!

Ce que le voyagiste avait omis de mentionner, c’est que les trois pauvres filles avaient choisi la période de reproduction des crustacés pour faire la paresse. Tous les coins et recoins du complexe hôtelier étaient propices aux ébats latéraux des invités inattendus. Une simple visite aux toilettes s’avérait une véritable expédition. Le retour à la chambre aux petites heures, encore plus effrayant. Et que dire du trajet vers la discothèque sous les étoiles?

Le petit crabe mexicain semblait tout à coup bien insignifiant et la petite danse accompagnant l’anecdote, encore plus…

 

Les racoons contre-attaquent! décembre 4, 2007

Classé dans : Faits divers — monosyllabus @ 8:56
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J’ai des visiteurs nocturnes. J’ai aussi des poubelles. Mes visiteurs aiment les poubelles.

Toute innocente que j’étais, je ne me doutais pas en emménageant dans mon nouveau quartier, bordé d’un charmant boisé, que des voisins à quatre pattes reluquaient mes déchets. D’abord plutôt discrets, élaborant sans doute leur plan d’attaque, les fouineurs aguerris se sont tapé les cuisses en voyant leur butin. Aucun obstacle n’entravant leur chemin, lumière tamisée, festin digne d’un roi… Il n’en fallait pas plus pour que la nouvelle se répande. Qui aurait cru que le bouche à oreille était aussi efficace chez la gent animale?

 Si leur première visite a laissé peu de traces, on ne peut en dire autant des suivantes. Sans doute rassasiées par les ordures du voisinage de plus en plus populeux, les bestioles étaient de plus en plus sélectives. N’en pouvant plus de cueillir les restants de leurs fringales sur ma pelouse, et après quelques vaines tentatives de bravade en pantoufles et robe de chambre, j’ai décidé de prendre les grands moyens : j’ai filé à la quincaillerie du coin, avec tous les hommes dignes de ce nom, et je me suis procurée rien de moins qu’une strap à crochets. Et vlan! Ils n’ont qu’à bien se tenir, les ratons!

Saviez-vous que c’est brillant, un raton? C’est ce que j’ai réalisé au lendemain de ma grande entreprise. Poubelle et strap à crochets reposaient tout affalées dans un champ d’immondices. Force m’est d’avouer que je ne fais pas le poids face à mes adversaires.

Dans ma prochaine vie, je veux être un raton.

 

Doux printemps, quand reviendras-tu? décembre 4, 2007

Classé dans : Non classé — monosyllabus @ 4:17
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Tout près de 30 centimètres de peaux de lièvre sont tombés sur notre belle capitale. La paresseuse que je suis s’est vite réjouie de ce qu’impliquait la joyeuse bordée : écoles  fermées égalent congé forcé, égalent aussi grasse matinée… 

Je traînassais dans mon pyjama quand la vaillante qui sommeille en moi a soudainement mis un frein à ce moment d’allégresse. Célibataire en manque de muscles, pingre en manque d’une souffleuse, asthmatique en manque d’exercice… Le cocktail par excellence pour se retrouver à l’urgence des suites d’une séance de pelletage intensive! Vivement le printemps et ses tapis gazonnés!

Qu’à cela ne tienne, j’ai enfilé mon attirail hivernal et filé droit dehors pour m’exécuter. (Lire : J’ai couru dans la maison comme une poule pas d’tête pour trouver mon suit défraîchi. “Sont où mes maudites mitaines?! C’pas à moi cette tuque-là! Non, non, non… j’ai pas engraissé! Mes culottes ont encore rapetissé!”)  Il m’a fallu une dizaine de pelletées pour trouver mon air d’aller, et une dizaine d’autres pour le perdre. Me suis-je découragée pour autant? Oh que non! Autrement, comment diable allais-je sortir la voiture de l’entrée pour aller me ravitailler? Car tout le monde sait que 45 minutes d’exercice, c’est un laissez-passer zéro culpabilité pour le service au volant le plus près…

Et puis, comme une apparition de la Sainte Vierge dans une baraque de Sainte-Marthe-sur-le-Lac, l’herbe que j’avais tant souhaité voir quelques heures plus tôt se trouvait là, devant mes yeux ébahis. Eh oui, l’Être suprême avait sûrement entendu ma prière pour m’envoyer la déneigeuse, machine divine qui avait déraciné une grande lisière de tourbe, fraîchement installée à l’automne, avant de la larguer dans mon stationnement enneigé.

La morale de cette histoire? Continuez de prier, mais soyez précis dans vos demandes…